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LE REGARD DE JEAN-FRANCOIS MAGNE

LE REGARD DE JEAN-FRANCOIS MAGNE

Directeur-adjoint chargé de l'éducation à la nature au Centre Ornithologique Ile-de-France (Corif). Il fait partie des 6 lauréats de l’appel à projets Agir pour la Ressource en Eau (édition 2015/2016).

 

 

 

 

 

 

Comment les actions du Corif s'articulent-elles avec les politiques publiques d'aménagement urbain et de gestion de l'eau en Ile-de-France ?

Le Corif veille, en fonction de ses capacités et moyens, à ce que les politiques publiques d’aménagement urbain considèrent et préservent la biodiversité. En ce sens, l’association participe autant que possible au Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) ou au Schéma Directeur Régional d’Ile-de-France (SDRIF). 

Le SRCE est le document de référence d’échelle régionale sur lequel les collectivités s’appuient pour maintenir une cohérence écologique entre les territoires et que les documents d’urbanisme doivent prendre en compte. L’Ile-de-France a la spécificité d’être dotée d’un schéma directeur régional (SDRIF) qui intègre également les enjeux de biodiversité dans son projet spatial et ses orientations. Le SDRIF et le SRCE partagent des objectifs communs de préservation et développement des continuités écologiques.

Une commission pour l’écologie urbaine a aussi été créée. Elle a pour volonté de rassembler autour d’une même table des naturalistes et des architectes.

Qu'apportent les Trames Vertes et Bleues dans l'aménagement des territoires ?

Les Trames Vertes et Bleues (TVB) et les différents schémas de cohérence écologique imposent une réflexion pour assurer l’équilibre entre protection de la biodiversité, ressource et gestion de l’eau et activités socio-économiques des habitants (aménagement du territoire, cadre de vie).

La réussite de leurs mises en œuvres, mais aussi leurs évaluations critiques dans les années à venir dépendent des conceptions qu’en ont les décideurs et tous les autres acteurs du territoire.

Réguler les eaux de pluie en protégeant le milieu naturel de la Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud

Réguler les eaux de pluie en protégeant le milieu naturel de la Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud

Sur la Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud, le territoire de Sénart est composé à 75% d’espaces naturels et réserves écologiques préservées. Les 110 000 habitants que compte l’Agglomération peuvent profiter des nombreux plans d’eau.

Les eaux de pluies qui ont ruisselé dans les rues et se sont chargées en pollution sont collectées dans le réseau d’eau pluviale. Une bonne partie des eaux est transportée vers des bassins de stockage. Elles sont ensuite restituées au milieu naturel. Les 80 bassins, espaces de promenade et de loisirs, sont ainsi des ouvrages techniques de rétention des eaux de pluie gérés par Eaux de Sénart.

Ces plans d’eau créés pour accompagner l'urbanisation et éviter toute inondation jouent également un important rôle de filtre, en retenant les sources de pollution, avant le rejet des eaux dans le milieu naturel. La dépollution des eaux de pluie recueillies se fait naturellement dans les bassins par effet de décantation et de sédimentation. En accueillant une flore et une faune d'une grande diversité, les plans d’eau tiennent une place très importante dans le cycle de l’eau et constituent de véritables réserves écologiques qu'il faut préserver.

Des actions de sensibilisation à destination du grand public et des scolaires sont menées régulièrement par Eaux de Sénart et l’Agglomération pour faire connaitre ces plans d’eau, leurs usages et leur biodiversité.  

LA VISION D’INGRID BAZIN

LA VISION D’INGRID BAZIN

Enseignante-chercheuse au Laboratoire de Génie de l'Environnement Industriel (LGEI) de l’Ecole des Mines d’Alès. Elle fait partie des 6 lauréats de l’appel à projets Agir pour la Ressource en Eau (édition 2015/2016)                                     

Quels sont les impacts de la présence de polluants émergents dans l’eau ?

Le nombre de polluants aquatiques va croissant : métaux lourds, pesticides, conservateurs... Plus de 800 substances sont référencées comme potentiellement toxiques et, parmi elles, 43 sont réglementées en France. 

L’augmentation de la toxicité des eaux pour les organismes aquatiques qu’elles génèrent peut modifier l’équilibre des écosystèmes (modification des sex-ratios chez les amphibiens par exemple) et à plus long terme un impact sur l’homme (diminution de la fertilité, augmentation des cas d’autisme chez les jeunes enfants, résistance bactériennes à certains traitements, par exemple).

Comment la ressource en eau peut-elle être protégée de ces polluants ?

La protection de la ressource en eau doit tout d’abord commencer par une diminution des « entrants ». Mais protéger la ressource en eau, c’est aussi prévoir les risques de contamination des eaux, ce qui implique non seulement l’identification des voies de dissémination des polluants, mais aussi un suivi détaillé de l’évolution de la pollution aquatique. 

 

Une station d’épuration d’avant-garde qui traite les micropolluants à Sophia Antipolis

Une station d’épuration d’avant-garde qui traite les micropolluants à Sophia Antipolis

Afin d’augmenter la capacité de traitement de sa station d’épuration et dans une démarche durable de protection du milieu naturel et de la ressource en eau, le Syndicat intercommunal pour l'extension et la gestion de la station d'épuration des Bouillides a choisi SUEZ pour affiner le traitement de ses eaux usées par un traitement tertiaire à l’ozone. Le traitement tertiaire est une étape supplémentaire qui intervient en plus des étapes traditionnelles de traitement biologique dans une station d’épuration.

 

Avec ce dispositif mis en service en 2012, l’usine des Bouillides, exploitée par SUEZ, est devenue la première installation en France à traiter les micropolluants et à répondre aux exigences de la directive européenne cadre sur l’eau (DCE) qui imposait la réduction des émissions de 41 substances appelées prioritaires dans le milieu naturel à l’horizon 2015.

De plus, dans le cadre du programme de recherche MICROPOLIS, les performances d’élimination des différentes étapes de traitement de la station des Bouillides ont été évaluées. MICROPOLIS est porté par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA) et le Centre International de Recherche sur l'Eau et l'Environnement (CIRSEE) de SUEZ, en partenariat avec le Syndicat intercommunal pour l'extension et la gestion de la station d'épuration des Bouillides et le soutien de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et de l’Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA).

Les équipes du projet ont pu observer que, si les traitements biologiques traditionnels éliminent entre 0 à 60 % des substances, l’étape complémentaire d’ozonation garantit un traitement de plus de 70 % et jusqu’à 95 % de l’ensemble du spectre de micropolluants retrouvés dans les effluents.

LE REGARD DE SOLENNE MULLER

LE REGARD DE SOLENNE MULLER

Coordinatrice de projets en éducation à l’environnement au sein du Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) du Velay. Elle fait partie des 6 lauréats de l’appel à projets Agir pour la Ressource en Eau (édition 2015/2016)

 

Pourquoi est-il important de protéger les zones humides ?

Les zones humides sont des réservoirs de biodiversité essentiels pour nos écosystèmes, qui régulent la ressource en eau comme des « éponges » naturelles. 

Elles rendent des services majeurs pour les sociétés humaines : épuration des eaux, prévention contre les inondations, restitution de la ressource en période de sécheresse... Elles contribuent ainsi à atténuer les effets du changement climatique. Préserver ce patrimoine commun est un enjeu environnemental, mais aussi une nécessité socio-économique.

 

Quel rôle joue la sensibilisation dans la protection d'un patrimoine naturel ?

La sensibilisation permet la prise de conscience des enjeux environnementaux par le public. Elle donne à chaque citoyen les clefs pour décoder et s’approprier des questions scientifiques, économiques et sociales parfois complexes. Les actions d’éducation portées par le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement viennent initier des changements de pratiques concrets, qui influent sur le patrimoine naturel et permettent à chacun d’agir, chez soi ou à travers une initiative collective.

Réhabiliter les fonctionnalités écologiques des zones humides pour préserver la ressource en eau (Bras de Bou, Loiret)

Réhabiliter les fonctionnalités écologiques des zones humides pour préserver la ressource en eau (Bras de Bou, Loiret)

Les captages du Val d’Orléans font partie des 532 captages désignés comme prioritaires dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. À ce titre, des actions de préservation et d’amélioration de l’état de la ressource en eau doivent être mises en place sur ce territoire.

A partir de 2010, l’Association pour la protection de la rivière Loiret et son bassin versant (APSL), membre de France Nature Environnement, a travaillé avec SUEZ et la Ville d’Orléans pour restaurer et protéger la zone humide du Bras de Bou (affluent du Loiret identifié comme enjeu dans le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) Val Dhuy-Loiret).

L’objectif de ce projet était de réhabiliter les fonctionnalités écologiques de la zone humide située sur le périmètre rapproché des captages du Val d’Orléans. Les actions menées dans le cadre du partenariat ont consisté à réaliser :

  • Un état des lieux du cours d’eau (morphologie, écoulement et inventaires faunistique et floristique) ;
  • Un processus de concertation avec l’ensemble des acteurs concernés (riverains, agriculteurs, Ville d’Orléans, associations, SUEZ) afin de mettre en place l’entretien de la végétation des berges (ripisylve) puis dans un second temps le reprofilage des berges.

Les travaux sur la végétation des berges (coupes de résineux, coupes sélectives d’arbres et arbustes pour apporter de la lumière sur le cours d’eau...) ont été réalisés sur 2 ans dans le cadre du contrat de rivière du SAGE Val Dhuy-Loiret (2012 et 2013). Les travaux de reprofilage des berges ont été abandonnés à la suite d’une étude hydraulique du cours d’eau qui a montré que ce dernier était soumis aux variations de niveau du Loiret dans lequel il se rejette.

LA VISION D’ANDRE SIEFFERT

LA VISION D’ANDRE SIEFFERT

Fondateur de l'Association Drômoise d'Agroforesterie, André Sieffert est ingénieur agronome spécialisé en agroforesterie et Docteur en biologie. Il est également agriculteur.

Quels sont les atouts de l'utilisation des arbres en agriculture ?

L’agroforesterie, qui introduit des arbres et arbustes dans le système agricole, remplit plusieurs fonctions vertueuses, notamment la protection des sols et des cultures contre l’érosion par le vent ou l’eau.

L’agroforesterie permet également d’accroître la biodiversité végétale et animale. Les arbres forment un couvert propice au développement de la faune auxiliaire (insectes, oiseaux, mammifères), réduisant ainsi le parasitisme sur les cultures. La diversité des végétaux plantés, contrairement à la monoculture, diminue la sensibilité aux maladies.

Diversifier les cultures garantit à l’agriculteur une source de revenu. De plus, son revenu par unité de surface augmente. En effet, pour la production d’un hectare combinant céréales et arbre fruitier par exemple, il faudra 1,3 à 1,4 hectare des 2 monocultures pour arriver à la même production.

 

Quel rôle l'agroforesterie joue-t-elle dans la protection de la ressource en eau ?

L’utilisation de la couverture végétale horizontale (couverture au sol) et verticale (présence d’arbres dans le système agricole) a un impact direct sur la protection de la ressource en eau. Tout d’abord, l’agroforesterie permet de changer les pratiques agricoles en protégeant le sol et en diminuant les intrants : fertilisants et pesticides.

Le sol est protégé contre l’érosion et son activité biologique est améliorée. De plus, l’arbre, dont les racines sont grandes, ramène de l’eau et des éléments minéraux profonds. Les feuilles, en tombant à terre, fertilisent doublement le sol par leur matière organique et minérale.

Enfin, les arbres, qui transpirent en moyenne 100 litres d’eau par jour et qui apportent de l’ombre, sont des régulateurs naturels de la température et de l’humidité. Cette fonction prend toute son importance dans notre contexte de changement climatique.

La gestion de la qualité de l’eau dans la Plaine du Saulce face à une pollution par les nitrates

La gestion de la qualité de l’eau dans la Plaine du Saulce face à une pollution par les nitrates

Les captages de la Plaine du Saulce, au Sud d'Auxerre, en rive gauche de l'Yonne, contribuent pour un tiers à l'approvisionnement en eau potable des 60 000 habitants de la Communauté de l’Auxerrois (soit 6 millions de m3 d’eau chaque année). Depuis le début des années 1990, ces captages subissent une contamination importante aux nitrates. 

La Communauté d’agglomération de l’Auxerrois a alors engagé des études pour définir la vulnérabilité du bassin d’alimentation et évaluer les possibilités de réussite d’une action préventive. Dès 1998, elle s’est constituée en association avec la Communauté de communes du Pays Coulangeois et deux autres communes, ainsi qu’avec les représentants des agriculteurs et des entreprises. L’Association pour la qualité de l’eau potable de la Plaine du Saulce avait ainsi pour objectif d’engager une démarche concertée destinée à réduire la concentration en nitrates au niveau des captages.

Dans ce cadre, SUEZ a développé NitrascopeTM, un outil d’aide à la décision qui pose des diagnostics sur les états actuels et futurs de la concentration en nitrates des nappes phréatiques et identifie les solutions les plus appropriées. La première étape consiste à étudier les caractéristiques locales du milieu : les experts de SUEZ identifient l’occupation des sols, les vitesses de transfert du sol vers la nappe, de la nappe vers les forages, les types de cultures, les apports en nitrates, afin de modéliser le fonctionnement du bassin versant étudié. NitrascopeTM permet ensuite d’établir une cartographie des zones d’actions prioritaires sur lesquelles une démarche préventive aura un impact significatif sur la qualité des eaux, ainsi qu’une cartographie des temps de transfert. L’efficacité de différents scénarios de mesures préventives est ensuite testée.

Utilisé en concertation avec toutes les parties prenantes, Nitrascope™ permet aux acteurs du territoire de mettre en œuvre et de piloter ensemble des actions de réduction des nitrates à la source et d’analyser l’impact de ces actions sur l’évolution des nitrates dans les captages d’eau potable.

LA VISION DE DAN ANGELESCU

LA VISION DE DAN ANGELESCU

Président Directeur Général et Directeur Recherche et Développement de l’entreprise fluidionTM. Il fait partie des 6 lauréats de l’appel à projets Agir pour la Ressource en Eau (édition 2015/2016)

 

 

 

 

 

Quels sont les risques liés à la présence de bactéries dans l'eau ?

La présence de bactéries dans l'eau, et notamment d’Escherichia coli (ou E. coli), implique un risque sanitaire important, parfois mortel. C’est un enjeu important pour la gestion des zones de baignade et encore plus pour les activités d'aquaculture et de conchyliculture.

Comment la plateforme "ALERT" participe-elle à la protection de la ressource en eau ?

La plateforme que nous avons conçue est appelée « ALERT Platform», ALERT, acronyme du nom anglais Automatic Lab-in-vial E. coli Remote Tracking (laboratoire automatique et téléoprérable de détection d’E. coli). Elle doit répondre aux demandes des gestionnaires qui souhaitent connaître la teneur en E. coli et autres facteurs polluants de leurs sites (zones d’aquaculture, zones de baignade, stations de captage et traitement de l’eau potable et usines d’assainissement), mais aussi aux attentes d’un grand public soucieux de son impact environnemental et des risques associés aux activités aquatiques.

 

Un suivi en continu de la qualité des eaux du littoral marseillais (Bouches-du-Rhône)

Un suivi en continu de la qualité des eaux du littoral marseillais (Bouches-du-Rhône)

La ville de Marseille jouit d’un littoral de 57 kilomètres bordé de plages, d’un parc national entre ville, mer et collines et de plusieurs bases nautiques. Marseille Provence Métropole a engagé un programme ambitieux pour protéger les zones de baignade et le milieu marin contre les pollutions et délivrer une information actualisée aux estivants.

Dans le cadre de son contrat de délégation du service public d’assainissement, Marseille Provence Métropole a confié au Service d'Assainissement de Marseille (SERAMM) le suivi de la qualité des eaux littorales. En 2015, le SERAMM a déployé 6 stations de mesure équipées de sondes, autonomes en énergie, qui peuvent mesurer en continu de nombreux paramètres (température, salinité, oxygène dissous et turbidité).

3 de ces stations de mesure permettent de comprendre et d'identifier les pollutions subies par 2 cours d'eau principaux de Marseille (l’Huveaune et le Jarret), soumis à une forte pression liée à l’activité humaine.

Les 3 autres stations de mesure sont installées dans la baie de Marseille afin d’évaluer l'impact de l'Huveaune et du Jarret sur le milieu naturel, d’une part, et des différents déversements se produisant dans le secteur du Vieux Port, d’autre part. Enfin, il s’agit également de suivre l'impact du rejet de la station d'épuration au niveau de Cortiou (située au cœur du Parc National des Calanques)

Ce suivi en continu permet ainsi de renforcer la connaissance et la surveillance de la qualité physico-chimique du milieu naturel et de mieux évaluer l'impact des activités humaines sur le littoral. Toute dégradation potentielle de la qualité des eaux est alors anticipée. Les bénéfices générés par les actions engagées sur le périmètre du bassin versant, pour améliorer la qualité du milieu aquatique, sont elles aussi prises en compte et analysées.

LA VISION DE JEAN-BAPTISTE LOISEAU

LA VISION DE JEAN-BAPTISTE LOISEAU

Hydrogéologue et Responsable Ressource en eau, SUEZ, Entreprise Régionale Paris Seine Ouest

Comment la qualité de la ressource en eau est-elle protégée sur les territoires ?

La règlementation prévoit la protection des champs captants par l’instauration de périmètres de protection définis dans un arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) par le Préfet. L’Agence Régionale de Santé est responsable du bon respect des prescriptions de protection des champs captants.

En tant que Responsable Ressource en eau, mon objectif est que l’eau distribuée soit de bonne qualité : pour cela, il faut que les champs captants où l’eau est prélevée soient bien protégés.

Nous assurons en lien avec l’Agence Régionale de Santé une veille permanente afin que tous les chantiers ayant lieu à l’intérieur des périmètres de protection respectent les prescriptions définies par l’hydrogéologue agréé.

Quand un promoteur souhaite réaliser des travaux dans un périmètre de protection, il doit lancer une Déclaration d'Intention de Commencement de Travaux (DICT).

Par ailleurs, dans le cadre de démarches de prévention, notre objectif est de travailler avec les agriculteurs, les industriels mais aussi les collectivités pour protéger, tous ensemble, la nappe phréatique, en déployant des plans d’actions adaptés et coordonnés comportant des mesures de sensibilisation et de formation.

 

Quels sont les leviers pour protéger la ressource en eau en quantité ?

Nous pilotons 2 dispositifs de réalimentation de la nappe phréatique dans le département des Yvelines, au Pecq-Croissy et à Flins-Aubergenville (voir fiches par ailleurs).

La mise en œuvre de la réalimentation de nappe phréatique à partir d’un fleuve dont l’étiage est soutenu est une garantie contre les problèmes de sécheresse.

 

 

Protéger la ressource en eau des grands champs captants de l'ouest Parisien

Protéger la ressource en eau des grands champs captants de l'ouest Parisien

L’Agence de l’Eau Seine-Normandie et SUEZ, se sont engagés début 2016 à mettre en place deux démarches d’animation territoriale autour des captages de Flins-Aubergenville d’une part et du Pecq-Croissy d’autre part.

Ces démarches, formalisées par des « contrats de captage » reposent sur une volonté de renforcer la concertation entre les professionnels de l’eau et les agriculteurs, les industriels mais aussi les collectivités, pour mettre en place des mesures préventives de protection des champs captants vis-à-vis des nitrates, des pesticides et des composés industriels.
Ces captages, qui alimentent en eau potable près d’un million et demi d’habitants, sur les 4 grands territoires de Seine aval, Boucle Seine, Versailles Grand Parc et Saint-Quentin, sont vulnérables aux pollutions et nécessitent d’être protégés et préservés. Ainsi, SUEZ, sous l’impulsion de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, assume un rôle d’animation pour la protection de l’aire d’alimentation de ces grands captages d’eau potable, c’est-à-dire de l’environnement aquatique du sol et du sous-sol.

La mission, qui se déroule de 2016 à 2018, pour les deux aires d’alimentation des captages, comprend deux volets :
- la mise en place d’un plan d’actions, pour chaque captage, fondé sur des diagnostics préalables des pratiques en vigueur 

- la sensibilisation à la préservation de la ressource en eau auprès de l’ensemble des acteurs : agriculteurs, collectivités, industriels, particuliers.

La vision de Noëllie Ortega

La vision de Noëllie Ortega

Chargée de projets au Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement du Vercors.

Parmi les 4 lauréats de la première édition de l’appel à projet Agir pour la Ressource en Eau, le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement du Vercors a pour vocation de sensibiliser les publics aux enjeux environnementaux. 

Pour quelles raisons est-il important de protéger les zones humides ?

Au cours du siècle dernier, pour des raisons de salubrité ou pour gagner des terres arables, plus de la moitié des milieux humides a été détruite. Ces milieux sont encore aujourd'hui menacés par une course à l'urbanisation et par les pollutions dues aux activités humaines...

Or, les zones humides jouent un rôle essentiel et leurs services rendus à nos sociétés sont nombreux. En effet, les zones humides contribuent largement à l'épuration de l'eau, à l'atténuation des crues mais aussi au soutien d'étiage, en jouant un rôle d' « éponge ». Il faut voir ces milieux comme des « zones tampon », espaces de transition à mi-chemin entre la terre et l'eau, un peu comme un filtre naturel. Outre ces services, il ne faut pas oublier non plus que les milieux humides sont des paysages, des lieux de loisirs et réservoirs de biodiversité.

Des « Vendanges Durables », sans impact sur le milieu naturel pour la Cave de Tavel (Gard)

Des « Vendanges Durables », sans impact sur le milieu naturel pour la Cave de Tavel (Gard)

La Cave de Tavel est engagée dans la démarche VDD « Vignerons Développement Durable », qui fait l’objet d’audits par un organisme indépendant dans le cadre d’une politique de management de la Qualité.

Fort de son expérience auprès de plusieurs caves dans la région Midi-Pyrénées dont celle de la Cave de Tavel, SUEZ met en œuvre des actions d’optimisation de la gestion des rejets et de sensibilisation du personnel de la Cave à l’impact de ces rejets.

Les effluents des caves viticoles ont en effet de réelles spécificités en matière de charge polluante, de pH et de température, qu’il convient de prendre en compte pour un pilotage efficace et environnemental de leurs stations d’épuration.

Ainsi, un bassin tampon a été mis en place pour stocker et lisser les effluents avant l’arrivée en station d’épuration. Juste avant les vendanges, SUEZ anime une session de sensibilisation du personnel de la Cave qui vise, outre à rappeler les consignes de sécurité et d’exploitation, à souligner l’impact positif de bonnes pratiques telles que le débatissage à sec des filtres à terres, la récupération des terres, les économies d’eau,…

Une démarche gagnant/gagnant : un milieu naturel préservé, une limitation des odeurs, des économies d’eau pour la Cave et de meilleures conditions d’exploitation de la station.

LA VISION DE LAETITIA JOURDAN

LA VISION DE LAETITIA JOURDAN

Directrice adjointe de Rivages Pro Tech, centre d'expertise technique et scientifique de SUEZ, spécialisé dans la gestion des milieux aquatiques, eaux de baignade et ports.

Comment la gestion de la ressource en eau a-t-elle évolué ces dernières années ?

Jusqu’à présent, la gestion des milieux naturels consistait surtout à comptabiliser des volumes rejetés au milieu naturel. Aujourd’hui, nos outils d’aide à la décision servent à surveiller et diminuer les risques associés au système d’assainissement ou à la ressource en eau. 

Notre ambition est de faire en sorte que ce soit le comportement du milieu naturel qui dicte les consignes d’exploitation pour la ressource en eau potable ou le système d’assainissement.

On parle de gestion active globale intégrée et même anticipée :

- Active : la gestion est plus réactive et en temps réel, elle ne repose plus sur le prélèvement d’échantillons et l’attente des résultats mais sur des capteurs, des analyses rapides et de la modélisation.

- Globale : la gestion se conçoit à l’échelle du bassin versant, sur le grand cycle de l’eau.

- Intégrée : toute la gestion se fonde sur le comportement des milieux naturels et des flux rejetés.

- Anticipée : les risques sont prévus, le passage du constat à l’action est facilité.

 

Quels sont les projets emblématiques de cette approche des milieux naturels ?

Nous menons par exemple actuellement un projet sur le bassin versant de la Nive, une rivière qui prend sa source en Basse Navarre dans les Pyrénées et débouche dans l’Adour à Bayonne. Il s’agit de la principale ressource en eau potable du Pays Basque.

Les enjeux portent sur la qualité de l’eau potable (protection de la ressource et qualité de l’eau distribuée) mais aussi à l’échelle du bassin versant. L’eau étant au cœur de l’attractivité du territoire, ces enjeux embrassent toute l’économie liée aux activités aquatiques, à la pêche, aux enjeux agricoles et piscicoles et au tourisme sur les zones de baignade.

 

Un projet de recherche pour suivre plus finement la qualité des eaux de surface

Un projet de recherche pour suivre plus finement la qualité des eaux de surface

SUEZ est partenaire de longue date de nombreux projets de recherche initiés avec des acteurs de l’agglomération bordelaise. L’entreprise a choisi de pérenniser ces partenariats et d’en initier de nouveaux en créant le LyRE « Lyonnaise Recherche », un centre de recherche et développement implanté au cœur du campus bordelais. C’est une équipe de 22 personnes, en partenariat avec de nombreux collaborateurs extérieurs et 9 doctorants et post-doctorants qui travaillent sur les enjeux de la gestion de l’eau pour aider à limiter l’impact des activités humaines sur le milieu naturel. 

Aujourd’hui, la surveillance de la qualité des milieux aquatiques a évolué. Il est possible, en complément de prélèvements, de suivre la qualité en temps réel et en continu. Mais ce suivi reste ponctuel. Et s’il était possible de déplacer les points de mesure ?

C’est le projet mené par le LyRE, en partenariat avec l’Université de Californie à Berkeley et avec le centre Rivages Pro Tech de SUEZ à Biarritz. Les capteurs libres connectés vont pouvoir fournir une information nouvelle, spatialement distribuée, « au fil de l’eau ».

Demain, le suivi de la qualité de l’eau se fera par un réseau de capteurs connectés qui dérivent avec la masse d’eau. Ils seront géolocalisés, suivront leur vitesse de déplacement, effectueront des mesures physico-chimiques et fourniront donc le profil en long de la rivière. Les données seront consultables à tout moment sur une application Android. Par exemple, il sera facile de localiser une pollution et suivre sa trajectoire.

Des tests ont déjà été réalisés en 2015 avec deux générations de prototypes de capteurs libres. Les capteurs libres de première génération sont équipés d’un GPS. Ils ont fait l’objet d’une première série de tests qui a permis d’adapter les outils informatiques ainsi que les capteurs eux-mêmes. Les capteurs libres de deuxième génération sont équipés de capteurs de qualité en complément du GPS.

Les deux générations de capteurs (flotte d’une dizaine de prototypes) ont fait l’objet en automne 2015 de tests sur deux sites pilotes : le milieu fluvial estuarien de la Gironde et le milieu littoral à Biarritz. Les données obtenues permettent d’identifier les vitesses de surface ainsi que la qualité de l’eau (température, oxygène dissous, conductivité) le long des trajectoires suivies par les capteurs. L’objectif est ensuite de coupler ces données à celles issues des modèles hydrauliques pour enrichir les mesures existantes et compléter l’information spatialisée sur la qualité de l’eau dans le milieu naturel.

LA VISION DE LAURENT MILLET

LA VISION DE LAURENT MILLET

Chargé de recherche au CNRS, laboratoire Chrono-environnement, unité mixte de recherche CNRS – Université de Franche Comté

 

Parmi les 4 lauréats de l’appel à projet Agir pour la Ressource en Eau, le Laboratoire Chrono-environnement a pour objectifs de connaitre l’état écologique des lacs pour adapter leur gestion future. Laurent Millet, l’un des porteurs du projet, nous communique sa vision des enjeux propres à cette ressource naturelle.

Les lacs français sont-ils globalement en bon état écologique ?

Il est difficile aujourd’hui de dresser un panorama exhaustif et objectif de l’état écologique des lacs français. En effet, si les lacs de grandes tailles (dont la surface est supérieure à 50 ha) sont suivis dans le cadre de programme de surveillance mise en œuvre par l’Agence de l’Eau, l’état écologique de nombreux petits lacs d’altitude reste inconnu malgré un intérêt et un investissement croissants des acteurs de terrain (Gestionnaires d’espaces protégés, Fédération de Pêche …).

 

Comment peut-on évaluer l’état écologique d’un lac ?

Les résultats de l’évaluation de l’état écologique des lacs dépendent des méthodes et des descripteurs considérés.

Ainsi dans de nombreux lacs, les descripteurs physico-chimiques et biologiques (phytoplancton) mesurés dans la masse d’eau montrent le retour à un « bon état » suite à la mise en place de la collecte et du traitement des eaux usées : on citera notamment l’exemple fameux du lac d’Annecy ou celui du lac du Bourget. Sur ces mêmes lacs, l’étude des macro-invertébrés benthiques, c’est-à-dire vivant au fond des lacs, conduit à un bilan plus mitigé : le manque d’oxygène dans la zone profonde de ces grands lacs est un symptôme de la persistance d’un dysfonctionnement important.

Finalement, l’étude des carottes de sédiments précédemment menées sur les lacs jurassiens, vosgiens, alpins ou pyrénéens montre que la plupart des lacs sont perturbés à des niveaux variables par les activités humaines.

 

Sécuriser la nappe alluviale du Rhône en qualité sur Syndicat Rhône Ventoux (Vaucluse)

Sécuriser la nappe alluviale du Rhône en qualité sur Syndicat Rhône Ventoux (Vaucluse)

Le Syndicat Rhône Ventoux, bordé par le Rhône à l’ouest et le mont Ventoux à l’est, regroupe 35 communes pour lesquelles il assure la compétence « Eau potable » au service de plus d’un quart des habitants du Vaucluse, soit 180 000 habitants.

La nappe alluviale du Rhône est la source principale d’approvisionnement en eau du Syndicat Rhône Ventoux. Les zones escarpées sont alimentées par des sources, dont la productivité, variable, est liée à la pluviométrie.

Les captages (puits et forages) dans la nappe alluviale du Rhône représentent 80% de la production totale du Syndicat. Ils sont regroupés en trois champs captants répartis de part et d’autre du Rhône.

 

Pour sécuriser l’alimentation en eau potable et en garantir une qualité irréprochable, le Syndicat Rhône Ventoux et SUEZ ont mis en place les actions suivantes :

- Une modélisation des nappes phréatiques pour adapter les conditions d’exploitation au niveau de la ressource.

- Une étude de vulnérabilité sur la base d’un modèle hydrogéologique. L’étude a permis d’identifier les risques potentiels liés à la qualité de l’eau du Rhône et de caractériser les mécanismes de transfert du fleuve vers la nappe en fonction des familles de produits. Les impacts sur la ressource exploitée ont pu être quantifiés et des mesures de sécurisation définies si nécessaire.

- La construction d’une nouvelle unité de pompage pour sécuriser la production d’eau potable. Elle prévoit des équipements de secours et sera évolutive pour permettre une éventuelle extension de la capacité de pompage.

 

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programme.agir@lyonnaise-des-eaux.fr