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Non aux idées reçues sur l'eau

Beaucoup d’idées fausses circulent aujourd’hui en France sur l’eau. Pour en faire tomber quelques-unes, tentez de répondre à ce quizz, réalisé par France Nature Environnement avec le soutien de Suez Environnement Eau France. Pas de gros lot à gagner… mais simplement la fierté d’en connaitre un peu plus sur l’eau et les milieux aquatiques en France !

En tant que citoyen français, je peux faire entendre mon avis sur la politique de l’eau ?

En tant que citoyen français, je peux faire entendre mon avis sur la politique de l’eau ?

Vrai 

La politique de l’eau est complexe en France. Elle suit la réglementation européenne (Directive Cadre sur l’Eau) à travers les Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE), établis par bassin hydrographique et pilotés par les six comités de bassin.

Il existe donc six SDAGE. Ce sont des documents de planification, donnant les orientations et des dispositions à prendre sur chacun des bassins en fonction des enjeux et problématiques identifiés. Les SDAGE se déclinent ensuite à des échelles beaucoup plus locales à travers les Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE). Ces textes sont soumis, avant leur adoption par l’Etat, à consultation du public.

C’est le cas jusqu’au 18 juin 2015. Vous pouvez accéder à cette consultation sur les 6 projets de SDAGE pour la période 2016-2021 en cliquant ici.

Par ailleurs, agir localement pour la politique de l’eau à l’échelle de son territoire est également possible : vos élus vous représentent dans les instances de décision (comme les comités de bassin ou les commissions locales de l’eau), alors faites-leur savoir que vous aussi vous êtes concernés par la politique de l’eau !

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Si les glaces fondent avec le changement climatique, il y aura plus d’eau disponible

Si les glaces fondent avec le changement climatique, il y aura plus d’eau disponible

Vrai et faux

Avec l’augmentation des températures, les glaces fondent. Il y a aura donc plus d’eau sous forme liquide sur la planète. Cela ne signifie pas davantage d’eau douce, mais plus d’eau salée, car les glaciers des pôles fondent dans de l’eau salée.

D’un autre côté, les phénomènes météorologiques exceptionnels aujourd’hui seront plus fréquents demain. Selon les régions, il peut ainsi y avoir plus d’inondations ou à l’inverse plus de sécheresse. Pour anticiper ces impacts, des solutions d’adaptation et d’atténuation existent, et chacun a son rôle à jouer. On peut adapter les cultures agricoles pour limiter les besoins en terme d’irrigation, choisir des plantes moins consommatrices d’eau pour décorer les espaces verts communaux. En termes d’urbanisme, il est indispensable d’interdire la construction d’habitations en zone inondable. 

Le changement climatique n’aura pas d’effet sur la qualité de l’eau

Le changement climatique n’aura pas d’effet sur la qualité de l’eau

Faux

Le changement climatique a un effet sur la qualité de l’eau. Avec la montée du niveau des mers et l’augmentation des prélèvements d’eau pour répondre aux besoins croissants de la société (besoins agricoles et domestiques particulièrement), les nappes phréatiques situées près des côtes françaises se remplissent petit à petit d’eau salée, rendant l’eau impropre à la consommation et à l’irrigation.

Et la diminution de la quantité d’eau amènera à une plus forte concentration des polluants. Le défi que nous devons relever demain est d'assurer l'accès à une eau potable de qualité à 9 milliards d'êtres humains, mais aussi de garantir l’accès aux ressources en eau nécessaires aux activités agricoles et économiques. Ce défi nous incite à adopter de nouveaux modèles de culture et de production, à modifier nos habitudes de consommation et à encourager la mise en œuvre de nouvelles solutions, en gardant à l’esprit le fait que les ressources naturelles ne sont pas illimitées et doivent être gérées dans une logique de flux. 

Depuis quelques années, la qualité de l’eau dans la nature s’est améliorée

Depuis quelques années, la qualité de l’eau dans la nature s’est améliorée

Ni vrai, ni faux

Cela dépend des cours d’eau et des polluants pris en compte. Globalement, la situation s’améliore pour les polluants issus des rejets urbains (rejets industriels et domestiques). Par exemple la concentration dans les rivières de phosphates, présents dans les lessives et non traités par les stations d’épuration, a été divisée par 10 en près de 25 ans.

Une bataille remportée grâce à l’interdiction du phosphore dans les lessives depuis 2007. En revanche, d’autres polluants ne diminuent pas, voire augmentent. C’est le cas par exemple des nitrates, dont la concentration dans les rivières augmente presque partout en France, sauf dans le bassin Loire-Bretagne où la tendance semble être légèrement à la baisse. Certains pesticides, atrazine, simazine, ou encore diuron, longtemps utilisés en agriculture et pour l’entretien des espaces verts urbains et interdits depuis plusieurs années, se retrouvent encore aujourd’hui dans les cours d’eau. Enfin, l’émergence de nouveaux types de polluants, liés aux médicaments, aux cosmétiques, aux antibiotiques vétérinaires, aux nouveaux pesticides ou encore aux plastifiants,  pourrait présenter des risques pour la ressource en eau. Pour les producteurs d’eau potable, l’enjeu est de détecter puis de traiter ces nouvelles molécules. 

L'eau en bouteille est de meilleure qualité que l'eau du robinet

L'eau en bouteille est de meilleure qualité que l'eau du robinet

Faux

Dans la très grande majorité des cas, l’eau du robinet est de bonne qualité en respectant les normes de potabilité, et coûte jusqu’à 200 fois moins cher que l’eau en bouteille ! Il s’agit de l’aliment le plus contrôlé. Et qu’elle provienne d’une source souterraine (nappes phréatiques) ou de surface (rivières, lacs, etc.), l’eau est puisée dans le milieu naturel. La rendre potable nécessite des traitements très élaborés et coûteux. C’est pour cela que l’eau doit être préservée de tout risque de pollution.

 

A noter, les bouteilles d’eau en plastique génèrent environ 10 kg de déchets par an et par personne, ce qui est considérable. Elles présentent un risque de migration de particules toxiques dans l’eau à plus ou moins long terme, notamment lorsque elles sont anciennes ou soumises à la chaleur. Cependant, il est vrai que pour des raisons de santé particulières, certaines eaux en bouteille, à la composition spécifique, sont conseillées par les médecins. 

Il n’y pas de rapport entre mon alimentation et les enjeux liés à l’eau

Il n’y pas de rapport entre mon alimentation et les enjeux liés à l’eau

Faux

Certaines espèces animales et végétales nécessitent de grandes quantités d’eau pour leur croissance.

Pour produire 1 kg de viande de bœuf, il faut plus de 15 500 litres d’eau. Un steak équivaut donc à plus de 1000 grandes bouteilles d’eau… Et les végétaux ne sont pas en reste : pour produire 1 kg de graines de soja, soit 2 à 5 fois plus que pour produire 1 kg de pommes de terre, carottes, etc. (UNESCO-IHE Institute for Water Education).  

Ce qu’il y a dans mon armoire a un impact sur la qualité de l’eau

Ce qu’il y a dans mon armoire a un impact sur la qualité de l’eau

Vrai

Fabriquer des textiles nécessite de l’énergie et de grandes quantités d’eau. Selon les matières, cette consommation en eau est plus ou moins importante. Le coton par exemple est très gourmand en eau : il faut plus de 5 000 litres d’eau pour produire 1 kg de coton. 

Parallèlement, les teintures utilisées pour colorer nos vêtements sont souvent très polluantes. Il existe des matières plus naturelles et respectueuses des ressources en eau : lin, chanvre ou même orties nécessitent peu voire pas d’irrigation et moins d'engrais et de pesticides que le coton. C’est aussi le cas du bambou, qui consomme 4 fois moins d’eau que le coton. Enfin, le choix de la lessive est très important : laver son linge nécessite une grande quantité d’eau et contribue à la pollution des eaux, en rejetant dans le milieu naturel des éléments toxiques pour les êtres vivants dans les milieux aquatiques comme le phosphore. 

Un moulin apporte de la vie à la rivière

Un moulin apporte de la vie à la rivière

Faux

Les moulins bloquent la circulation de l’eau, et donc la continuité écologique, la mobilité de la faune et des sédiments :

ils gênent la remontée des poissons migrateurs tels que les saumons, en les empêchant par exemple d’atteindre leur lieu de reproduction, et impactent le milieu de vie des autres espèces aquatiques (comme les loutres). L’installation de passes à poissons est une solution possible pour la reconquête de la « continuité écologique », objectif imposé par le droit européen (à travers la Directive Cadre sur l’Eau) et le droit français. Mais si ce dispositif facilite le passage de 70 % des poissons, il nécessite un entretien régulier.

 

 

Une digue protège contre les inondations

Une digue protège contre les inondations

Vrai et faux

Qu’elle soit en bord de mer ou sur la rive d’un cours d’eau, la solidité d’une digue dépend de sa hauteur et de l’intensité de la crue. 

Une digue peut protéger contre les petites et moyennes inondations. En revanche, lors des crues plus importantes, le risque de submersion et de rupture ne peut pas être écarté. C’est ce que nous a démontré la tempête Xynthia. Par ailleurs, l’imperméabilisation des sols générée par l’extension des zones urbaines augmente le risque d’inondation et leurs impacts des inondations. 

Une zone humide réduit les impacts des inondations

Une zone humide réduit les impacts des inondations

Vrai, dans une certaine mesure

Les zones humides représentent de véritables « éponges naturelles » qui stockent l’eau et la restituent au milieu en cas de besoin. Ces milieux sont essentiels en cas d’inondation ou de sècheresse : ils absorbent le surplus d’eau en cas de surabondance ou le relâchent en cas de manque, ce qui contribue à atténuer les impacts de ces phénomènes météorologiques. Les zones humides fonctionnent par ailleurs comme des filtres et présentent des capacités d’épuration intéressantes pour la qualité des milieux. Ces réservoirs de biodiversité ont également un impact positif sur les activités humaines par la production de matières premières (comme le bois, le roseau, le riz ou encore les poissons) et le développement du tourisme.

L’eau de pluie est pure

L’eau de pluie est pure

Faux

Lorsque la pluie traverse le ciel, elle absorbe les polluants atmosphériques générés par la circulation automobile, aérienne ou maritime ou lors des pulvérisations agricoles.

En tombant sur les sols rendus imperméables par une urbanisation excessive, les eaux de pluie ruissellent et se chargent en plus de particules polluantes. L’eau de pluie est donc loin d’être pure. Cependant, grâce aux réseaux séparatifs, qui permettent de faire circuler les eaux usées et les eaux de pluie séparément, il n’y a pas de risque de contamination des eaux traitées dans les stations d’épuration.